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Les chenilles processionnaires
lundi 15 juin 2020
Les chenilles processionnaires
Dès le mois d'avril, les chenilles processionnaires urticantes font leur retour et vont aller s'enfouir sous la terre pour préparer la reproduction et la ponte de leurs oeufs à partir du mois de mai. Ces dernières années des épisodes de prolifération de chenilles processionnaires du chêne et du pin  sont observés en France.

 
Les chenilles processionnaires, qui sont-elles ?
Les chenilles processionnaires sont issues d'un papillon nocturne largement répandue en Europe. Elle fait partie de l'ordre des Lépidoptères, de la famille des Notodontidae et de sous-famille des Thaumetopoeinae. Ce sont des larves de papillon de nuit. Il en existe deux espèces :"Thaumetopoea processionea" et "Thaumetopoea pityocampa", chacune se nourrissant d'une espèce d'arbre différente : l'une le chêne et l'autre le pin. Ces chenilles forment des nids situés sur les branches de l'arbre qu'elles parasitent. Ces nids sont des sortes de gros cocons de soie blanche qui peuvent ressembler à de la « barbe à papa » et que l'on peut observer sur les extrémités des branches ou sur l'écorce, parfois à la base du tronc. Elles portent deux types de poils sur leur dos : des poils longs (visibles à l'oeil nu) non urticants et des milliers de poils microscopiques dangereux se trouvant dans des poches abdominales.
Cet insecte est connu pour le mode de déplacement de ses chenilles en file indienne, formant des processions à certains stades de leur développement. Elles se nourrissent des aiguilles de diverses espèces de pins, de cèdres ainsi que du chêne, provoquant un affaiblissement important des arbres.

Le papillon qui est la forme « adulte » de la chenille, éclos durant l'été entre juin et septembre selon le climat. Ils sont nocturnes et ne vivent généralement pas plus d'une ou deux nuits. Le papillon est gris avec des motifs noirs, le mâle-papillon peut voler jusqu'à 25 km et 3 à 4 km seulement pour une femelle.


Distinguer les deux espèces de chenilles :

La chenille processionnaire du Chêne "Thaumetopoea processionea" :

le papillon            la chenille
 
Les oeufs éclosent vers mars-avril. La chenille se déplace en fin de journée et la nuit en procession sur les feuilles pour se nourrir. Vers le mois de juin-juillet, les chenilles fabriquent leur nid au niveau du tronc et des branches les plus solides. Ce nid renfermera les chrysalides qui se métamorphoseront en papillon en août. Les papillons vont ensuite s'accoupler, pondre des oeufs et donner naissance à de nouvelles chenilles.

La chenille processionnaire du chêne est urticante d'avril à juin.

le nid
Identification d'un nid de chenilles processionnaires du Chêne.


 La chenille processionnaire du pin "Thaumetopoea pityocampa" :
 
le papillon            la chenille           

Le cycle de reproduction dure 1 an. Les premières chenilles éclosent dès le mois d'octobre. Elles quittent leur nid vers mars-avril et se déplacent en se tenant les unes aux autres, en procession, vers le sol pour s'enfouir à quelques centimètres de profondeur et se transformer en nymphe puis en papillon au cours de l'été.

La chenille processionnaire du pin est urticante d'octobre à mars.

le nid
Identification d'un nid de chenilles processionnaires du Pin.


Risques pour l'homme et les animaux
Les chenilles processionnaires sont recouvertes de poils qui, dispersés par le vent ou par nous même (tonte de la pelouse, en essayant de détruire un nid...) peuvent provoquer une irritation chez les personnes et les animaux. La survenue d'effets sanitaires n'implique donc pas nécessairement un contact direct avec les insectes. L'appareil urticant de la chenille processionnaire se met en place au cours du développement larvaire.
Ces poils, très légers et fragiles, se détachent très facilement dès que la chenille est inquiétée ou excitée et peuvent être emportés par le vent. Lorsque le poil se brise, dès le premier contact, la substance urticante et allergisante qu'il contient, la « thaumétopoéïne », se libère provoquant des démangeaisons très vives. Ces irritations se caractérisent par des érythèmes ou des éruptions prurigineuses accompagnées parfois d'atteintes oculaires ou pulmonaires voire des réactions allergiques plus graves telles que les oedèmes de Quincke ou les chocs anaphylactiques.

Les poils sont très présents dans les nids définitifs puisque deux mues y sont effectuées et peuvent rester urticants pendant plusieurs années s'ils sont préservés de l'humidité.


Les symptômes cliniques présentés en cours d'une exposition directe ou indirecte aux chenilles processionnaires sont les suivants :

En cas de contact avec la peau :
Apparition dans les huit heures d'une éruption douloureuse avec de sévères démangeaisons. La réaction se fait sur les parties découvertes de la peau mais aussi sur d'autres parties du corps. Les poils urticants se dispersent aisément par la sueur, le grattage et le frottement ou par l'intermédiaire des vêtements.

Que faire :
Retirer les vêtements avec des gants, les laver à fortes températures et les sécher au sèche-linge pour les débarrasser des poils. Laver la zone touchée avec de l'eau et du savon. Brosser les cheveux.
Consulter un médecin pour recevoir un traitement antihistaminique permettant de calmer les signes allergiques tels que les démangeaisons et l'éruption de boutons.


En cas de contact avec les yeux :
Développement après 1 à 4 heures d'une conjonctivite
(yeux rouges, douloureux et larmoyants).

Que faire :
Rincer les yeux et consulter un ophtalmologue qui procédera à un examen minutieux pour décider des suites du traitement à administrer.


En cas de contact par inhalation :
Les poils urticants irritent les voies respiratoires. Cette irritation se manifeste par des éternuements, des maux de gorge, des difficultés à déglutir et éventuellement des difficultés respiratoires.

Que faire :
Consulter un médecin qui pourra prescrire les traitements indiqués en fonction des symptômes observés (antihistaminiques, corticoïdes).


En cas de contact par ingestion :
Il se produit une inflammation des muqueuses de la bouche et des intestins qui s'accompagne de symptômes tels que de l'hyper salivation, des vomissements et des douleurs abdominales. Une personne qui a des contacts répétés avec la chenille processionnaire, présente des réactions qui s'aggravent à chaque nouveau contact.

Que faire :
Boire un grand verre d'eau, consulter un médecin ou appeler directement le 15.
En cas de vomissements, de vertige et de fièvre, de difficultés respiratoires, d'oedème, consulter le service d'urgence le plus proche.


Risques pour vos animaux domestiques :
Dans le cas des animaux, si ces derniers lèchent ou touchent les chenilles vivantes, mortes ou bien des restants de nids avec leur museau, ils peuvent souffrir de divers symptômes. Dans un premier temps, ils couinent car ils ont mal, se mettent à baver, la langue gonfle et présente des tuméfactions avec un durcissement assez inquiétant. Sans soins, la langue peut virer au sombre voire violet, et une nécrose peut occasionnellement se produire. Une partie de la langue peut tomber. Une action rapide du vétérinaire est vitale.


Comment se protéger des chenilles processionnaires ?
Si un nid de chenilles processionnaires s'est installé dans votre jardin, sachez qu'il ne faut pas s'en approcher et encore moins les toucher. Il est aussi conseillé de :
  • Ne pas se promener sous un arbre porteur d'un nid.
  • Porter des vêtements couvrants lors de balades en forêt (manches longues, pantalons longs)
  • Eviter de se frotter les yeux en cas d'exposition mais aussi pendant et au retour d'une balade.
  • En cas de doute quant à une exposition aux poils des chenilles, prendre une douche et changer de vêtements en rentrant.
  • Si vous habitez à côté d'un arbre infesté : ne pas sécher le linge dehors surtout s'il y a du vent, laver soigneusement les fruits et légumes du jardin, faire attention en tondant la pelouse.
  • Ne pas laisser jouer les enfants à proximité d'un arbre infesté et à distance, les munir de vêtements protecteurs (voire chapeau et lunettes également). 
  • En présence d'un nid de chenilles processionnaires, ne cherchez pas à le détruire immédiatement et demandez conseil à des professionnels. Si vous avez un doute, ne secouez pas les branches de l'arbre et ne remuez pas le sol pour faire tomber l'éventuel nid. Ne consommez pas les fruits qui se trouveraient en-dessous.
     
IMPORTANT :
Si vous observez la présence d'un ou plusieurs nids de chenilles processionnaire dans un lieu public (parcs, squares, aires de jeux) et afin de se prévenir de tous risques sanitaires, nous vous demandons de bien vouloir le signaler en contactant le Centre Technique Municipal (03.83.97.85.85).


Pour tout autre renseignement sur la chenille processionnaire :
Site l'Office National des Forêts
Site de l'Agence Régionale de Santé Grand Est